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du 20 au 26 août : semaine 9
 
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 27 août au 16 septembre : semaines 1 à 3
 
 
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SAMEDI  31 MAI 2014

Bienheureuse celle qui a cru en l'accomplissement des Paroles du Seigneur

Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur

 

Le mystère de la Visitation, que nosu célébrons aujourd'hui, déploie plusieurs aspects de la pédagogie de la lectio divina. Marie a accueili en elle la Parole; le Verbe qui en est s'est fait chair. Cette Parole l'a conduite à aller à la rencontre et au service de sa cousine. Avec elle, Marie peut enfin laisser jaillir sa propre prière de réponse et faire partager la joie qui vient d'accueil de la Parole de Dieu.

 

Que Marie nous encourage dans l'accueil persévérant de la Parole de Dieu et nous aide à la mettre en pratique. 

 

Benoît XVI commente ainsi le cantique du Magnificat ("Deus Caritas Est") :

"Magnificat anima mea Dominum", dit Marie à l’occasion de sa visite à sa cousine Elisabeth, – "Mon âme exalte le Seigneur" – (Lc 1,46). Elle exprime ainsi tout le programme de sa vie: ne pas se mettre elle-même au centre, mais faire place à Dieu, rencontré tant dans la prière que dans le service du prochain – alors seulement le monde devient bon. Marie est grande précisément parce qu'elle ne veut pas se rendre elle-même grande, mais elle veut rendre Dieu grand. Elle est humble: elle ne veut être rien d'autre que la servante du Seigneur (cf. Lc 1,38.48). Elle sait qu'elle contribue au salut du monde, non pas en accomplissant son œuvre, mais seulement en se mettant pleinement à la disposition des initiatives de Dieu. Elle est une femme d'espérance: uniquement parce qu'elle croit aux promesses de Dieu et qu'elle attend le salut d'Israël; l'ange peut venir chez elle et l'appeler au service décisif de ces promesses. C'est une femme de foi: "Heureuse celle qui a cru", lui dit Elisabeth (Lc 1,45).

 

Le Magnificat – portrait, pour ainsi dire, de son âme – est entièrement brodé de fils de l'Ecriture Sainte, de fils tirés de la Parole de Dieu. On voit ainsi apparaître que, dans la Parole de Dieu, Marie est vraiment chez elle, elle en sort et elle y rentre avec un grand naturel. Elle parle et pense au moyen de la Parole de Dieu; la Parole de Dieu devient sa parole, et sa parole naît de la Parole de Dieu. De plus, se manifeste ainsi que ses pensées sont au diapason des pensées de Dieu, que sa volonté consiste à vouloir avec Dieu. Etant profondément pénétrée par la Parole de Dieu, elle peut devenir la mère de la Parole incarnée.

 

Enfin, Marie est une femme qui aime. Comment pourrait-il en être autrement? Comme croyante qui, dans la foi, pense avec les pensées de Dieu et veut avec la volonté de Dieu, elle ne peut qu'être une femme qui aime. Nous le percevons à travers ses gestes silencieux, auxquels se réfèrent les récits des Evangiles de l'enfance. Nous le voyons à travers la délicatesse avec laquelle, à Cana, elle perçoit les besoins dans lesquels sont pris les époux et elle les présente à Jésus. Nous le voyons dans l'humilité avec laquelle elle accepte d'être délaissée durant la période de la vie publique de Jésus, sachant que son Fils doit fonder une nouvelle famille et que l'heure de sa Mère arrivera seulement au moment de la croix, qui sera l'heure véritable de Jésus (cf. Jn 2,4; 13,1). Alors, quand les disciples auront fui, elle demeurera sous la croix (cf. Jn 19,25-27); plus tard, à l'heure de la Pentecôte, ce seront les disciples qui se rassembleront autour d'elle dans l'attente de l'Esprit Saint (cf. Ac 1,14). 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

 

DIMANCHE 18 MAI 2014

 

Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie... Les Paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c'est le Père qui demeure en moi, et qui accomplit ses propes oeuvres (Jn 14 – Evangile de la messe de ce dimanche)

 

La Parole du Seigneur était féconde (Ac 6 – 1ère lecture de la messe de ce dimanche)

 

Vous êtes chargés d'annoncer les merveilles de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière (1P 2 – 2e lecture de la messe de ce dimanche)

 

Nous aurions voulu vous donner non seulement l'Evangile de Dieu, mais jusqu'à nos propres vies (1Th 2,8 – lectio de ce jour)

 

Les textes bibliques de la messe de ce dimanche révèlent la communion entre le Fils et le Père et l'ouverture de cette communion aux croyants, unis au Christ ressuscité. Sa Parole est cette Bonne Nouvelle, cette merveille dont parle saint Pierre, que les Apôtres ont proclamée à tous. 

En méditant la Parole de Dieu, contemplons le Christ et suivons-le pour vivre en communion avec le Père. 

Les lectures de la messe de ce dimanche et la lectio quotidienne de cette semaine, en 1 Th 2-3 insistent sur la puissance de la Parole de Dieu, sur sa fécondité et sur le témoignage que les croyants doivent en porter. Que cela soutienne notre accueil fidèle et persévérant de la Parole de Dieu qui nous rejoint chaque jour pour illuminer nos existences.

 

Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

LUNDI 12 MAI 2014

 

Ce dimanche, le Pape François a emprunté une belle image à saint Césaire d'Arles pour la journée mondiale de prière pour les vocations. En regardant la manière dont les veaux se nourrissent, il a invité non seulement à recevoir la Parole de Dieu, mais aussi à la donner en nourriture à ceux qui nous sont confiés : 

 

Encore aujourd'hui, beaucoup, comme au temps de Jésus, se proposent comme "pasteurs" de nos existences ; mais seul le Ressuscité est le vrai Pasteur, qui nous donne la vie en abondance. Je vous invite tous à avoir confiance dans le Seigneur qui nous guide. Mais il ne fait pas que nous guider : il nous accompagne, il marche avec nous. Écoutons sa Parole avec un esprit et un cœur ouverts, afin d'alimenter notre foi, d'éclairer notre conscience et de suivre les enseignements de l’Évangile.

En ce dimanche, prions pour les Pasteur de l’Église, pour tous les évêques, y compris l'évêque de Rome, pour tous les prêtres, pour tous ! Prions en particulier pour les nouveaux prêtres du diocèse de Rome, que je viens d'ordonner dans la basilique Saint-Pierre. Un salut à ces 13 prêtres ! Que le Seigneur nous aide, nous pasteurs, à être toujours fidèles à notre Maître et à être des guides sages et éclairés du Peuple de Dieu qui nous est confié. A vous aussi, s'il-vous-plaît, je demande de nous aider : nous aider à être de bons pasteurs. Une fois j'ai lu une très belle chose sur la façon dont le peuple de Dieu aide les évêques et les prêtres à être de bons pasteurs. C'est un texte de saint Césaire d'Arles, un père des premiers siècles de l’Église. Il expliquait comment le peuple de Dieu doit aider le pasteur, et il donnait cet exemple : quand le petit veau a faim il va vers la vache, vers la mère, pour prendre le lait. Mais la vache ne le donne pas tout de suite, comme si elle le gardait pour elle. Et que fait le veau ? Il frappe sur le pis de la vache avec son museau, pour que le lait sorte. C'est une belle image ! "Vous – dit ce saint – vous devez être ainsi avec les pasteurs : frapper toujours à leur porte, à leur coeur, pour qu'ils vous donnent le lait de la doctrine, le lait de la grâce et le lait de la conduite". Et je vous demande, s'il-vous plaît, d'importuner les pasteurs, de déranger les pasteurs, nous tous pasteurs, pour que nous puissions vous donner le lait de la grâce, de la doctrine et vous conduire. Importuner ! Pensez à cette belle image du veau, qui importune sa maman pour qu'elle lui donne à manger. (Cf. Zenit)

Sainte lectio divina
Christophe de DREUILLE
@lectiodivina13

DIMANCHE 11 MAI 2014

 

— Les brebis écoutent la voix du pasteur, le berger des brebis. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom... il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix" (Jn 10 – Evangile de la messe de ce dimanche)

– Ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre se firent baptiser (Ac 2 – 1ère lecture de la messe de ce dimanche)

– Vous étiez errants comme des brebis; mais à présent vous êtes revenus vers le berger qui veille sur vous (1P 2 – 2e lecture de la messe de ce dimanche)

– Nous le savons, frères bien-aimés de Dieu, vous avez été choisis par lui (1Th 1,4 – lectio de ce jour)

 

En ce 4e dimanche de Pâques, la liturgie nous invite à méditer sur le Bon Pasteur et plus particulièrement sur l'attention à sa voix. C'est lui qui appelle tout homme à le suivre pour le guider vers la vie. Par la lectio divina, nous apprenons à reconnaître sa voix, à écouter sa Parole, et à la mettre en pratique en acceptant de mettre nos pas dans les pas du Christ.

 

Aujourd'hui, nous célébrons la journée mondiale de prière pour les vocations, en réponse à la demande de Jésus : "priez le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson" (Mt 9,38).

 

Pour nourrir notre prière en ce jour où nous intensifions notre prière pour demander des prêtres et de saints prêtres, nous vous laissons quelques lignes du Pape François, dans son Message pour cette journée : 

Disposons donc notre cœur à être une “bonne terre” pour écouter, accueillir et vivre la Parole et porter ainsi du fruit. Plus nous saurons nous unir à Jésus par la prière, la Sainte Écriture, l’Eucharistie, les Sacrements célébrés et vécus dans l’Église, par la fraternité vécue, plus grandira en nous la joie de collaborer avec Dieu au service du Royaume de miséricorde et de vérité, de justice et de paix. Et la récolte sera abondante, proportionnée à la grâce qu’avec docilité nous aurons su accueillir en nous (lire l'ensemble du Message pour la Journée Mondiale de prière pour les vocations). 

Sainte lectio divina.

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

JEUDI 8 MAI 2014

 

Soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance... n'éteignez pas l'Esprit (1Th 5,16-21)

 

Dans sa catéchèse de ce mercredi poursuivant sa réflexion sur les dons du Saint Esprit, le Pape François a présenté le don de Conseil. Il a souligné l'action de l'Esprit Saint dans les coeurs nourris de la Parole de Dieu, et l'importance de la prière :

Dans la lecture de ce passage du livre des Psaumes, nous avons entendu ceci : « Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon coeur m'avertit. » (Ps. 16,7). Et c’est un autre don de l’Esprit-Saint : le don de conseil. Nous savons combien il est important, surtout dans les moments plus délicats, de pouvoir compter sur les suggestions de personnes sages et qui nous aiment. Maintenant, à travers le don de conseil, c’est Dieu lui-même, par son Esprit, qui éclaire notre cœur en nous faisant comprendre la manière juste de parler et de nous comporter et la voie à suivre. Comment ce don agit-il en nous ?

1. Lorsque nous l’accueillons et le recevons dans notre cœur, l’Esprit-Saint commence aussitôt à nous rendre sensibles à sa voix et à orienter nos pensées, nos sentiments et nos intentions selon le cœur de Dieu. En même temps, il nous pousse de plus en plus à tourner notre regard intérieur vers Jésus, modèle de notre manière d’agir et d’être en relation avec Dieu le Père et avec nos frères. Le conseil est donc le don par lequel l’Esprit-Saint rend notre conscience capable de faire un choix concret en communion avec Dieu, selon la logique de Jésus et de son Évangile. De cette façon, l’Esprit nous fait grandir intérieurement, il nous fait grandir positivement, il nous fait grandir dans la communauté et nous aide à ne pas être à la merci de notre égoïsme et de nos façons de voir. Ainsi, l’Esprit nous aide à grandir et à vivre en communauté. La condition essentielle, pour conserver ce don, est la prière. Nous revenons toujours au même thème : la prière ! Mais c’est tellement important, la prière. Prier avec les prières que nous savons depuis notre enfance, mais aussi prier avec nos propres mots. Prier le Seigneur : « Seigneur, aide-moi, conseille-moi, que dois-je faire maintenant ? ». Et nous devons tous le faire. La prière ! Ne jamais oublier la prière. Jamais ! Personne, personne ne s’en aperçoit quand nous prions dans le bus, dans la rue : prions en silence, dans notre cœur. Profitons de ces moments pour prier : prier pour que l’Esprit nous donne le don de conseil.

2. Dans l’intimité avec Dieu et dans l’écoute de sa Parole, petit à petit nous mettons de côté notre logique personnelle, dictée le plus souvent par nos fermetures, nos préjugés et nos ambitions, et nous apprenons au contraire à demander au Seigneur : Quel est ton désir ? Quelle est ta volonté ? Qu’est-ce qui te plaît ? Ainsi, mûrit en nous une syntonie profonde, presque naturelle dans l’Esprit et l’on expérimente la vérité des paroles de Jésus rapportées dans l’Évangile de Matthieu : « Ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Mt 10,19-20).

C’est l’Esprit qui nous conseille, mais nous devons faire de la place à l’Esprit, pour qu’il puisse nous conseiller. Et faire de la place, c’est prier : prier pour qu’il vienne et qu’il nous aide, toujours.

3. Comme tous les autres dons de l’Esprit, celui de conseil constitue aussi un trésor pour toute la communauté chrétienne. Le Seigneur ne nous parle pas seulement dans l’intimité de notre cœur, il nous parle, oui, mais pas seulement là, il nous parle aussi à travers la voix et le témoignage de nos frères. C’est vraiment un grand don de pouvoir rencontrer des hommes et des femmes de foi qui, surtout dans les passages plus compliqués et importants de notre vie, nous aident à faire la lumière dans notre cœur et à reconnaître la volonté du Seigneur!(Traduction de Zenit)

 Sainte lectio divina

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

 

 

DIMANCHE 4 MAI 2014

 

"Reste avec nous"... Jésus entra donc pour rester avec eux... notre coeur n'était-il pas tout brûlant en nous, tandis qu'il nous parlait sur la route, et qu'il nous faisait comprendre les Ecritures (Lc 24,13-35 – Evangile de la messe de ce dimanche)

 

En ce troisième dimanche de Pâques, c'est ce grand texte de la rencontre de Jésus avec les disciples d'Emmaüs qui nous est offert pour illuminer notre semaine. L'enjeu de cette rencontre est la question de la Présence de Jésus auprès des croyants, non seulement ceux qui rentraient chez eux à Emmaüs, mais tous les disciples de tous les temps. Il s'agit de passer de la quête de la vision à la découverte de la Présence. Jésus est présent à chaque disciple de chaque époque, aux trois sens du mot "présent" en français : Jésus est présent ici et maintenant et comme un don.

 

Vivre de la présence du Christ, tel est le défi des chrétiens. C'est ce dont témoigne déjà la 1ère épître de saint Paul aux Thessaloniciens, dont nous poursuivons l'accueil cette semaine dans notre lectio divina quotidienne. En recevant la Parole de Dieu, en épanouissant leur foi, leur espérance et leur charité, les croyants témoignent de ce mystère de la présence d'un Dieu qui ne cesse de vouloir se faire proche de tout homme.

 

Quelques commentaires sur ce texte de Lc 24

Une synthèse et une charnière
Rédigé avec un soin particulier, ce récit tire son importance de sa double fonction : il récapitule l’ensemble du parcours évangélique en soulignant l’accomplissement des Ecritures dans le mystère pascal du Christ ; il inaugure, avant même que cela ne soit développé dans les Actes des Apôtres, le « temps de l’Eglise ». Une question domine l’ensemble du récit : celle de la présence de Jésus après sa mort et de la qualité du regard qui permet aux disciples de la discerner. Le texte commence à jouer sur l’opposition absence / présence, pour orienter finalement le lecteur vers la forme de présence : visible / invisible. Luc rappelle aux croyants que la présence de Jésus à son Eglise est désormais invisible, mais reconnaissable par la méditation de l’Ecriture et la « fraction du pain », c’est-à-dire l’Eucharistie.
Lorsque Jésus est visible à leurs yeux de chair, les disciples le croient absent, mort. C’est lorsque Jésus disparaîtra à leurs regards, qu’ils le reconnaîtront présent.
 
En chemin
La construction narrative de ce texte place stratégiquement les lecteurs du côté de Jésus et les invite à scruter, tout au long de l’évolution du récit, à quel moment et de quelle manière les deux disciples parviendront à reconnaître celui qui marche à leur côté et se laisse inviter chez eux.
La rencontre se fait sur la route, et la reconnaissance, à la maison. Le chemin, thème cher à Luc, est le lieu privilégié de la conversion et du « cheminement » intérieur. Le dialogue qui s’instaure alors offre deux regards croisés sur la mission de Jésus. La conception que s’en font les disciples, est conforme à ce que connaît déjà le lecteur de l’Evangile, mais auquel il manque l’essentiel : le témoignage du Christ ressuscité. D’autre part, dans la bouche de Jésus, nous trouvons une relecture des Ecritures qui fournit le critère permettant de révéler la glorification du crucifié.
 
A la maison
« A qui d’entre nous l’auberge d’Emmaüs n’est-elle pas familière ? ». François Mauriac comme Le Caravage ou Rembrandt ne s’y sont pas trompés qui ont mis en valeur le moment de la reconnaissance lors du don que Jésus fait à ses hôtes à la maison. La tristesse qui voilait le regard des disciples au début du récit se change alors en joie communicative. Le parcours à travers les Ecritures que Jésus avait proposé sur la route s’accomplit dans la « fraction du pain ». Le don usurpé par Adam et Eve (en Gn 3), devient le don de l’Eucharistie offert par Jésus à des disciples qui ne s’en emparent plus mais le reçoivent. Comme à l’origine de l’humanité, ici les yeux s’ouvrent, mais ce n’est plus sur le dénuement et la vanité, mais sur la plénitude d’une présence qui n’a plus besoin du support de la visibilité.
 
A la rencontre des frères
Le récit ne s'arrête pas à cette reconnaissance, mais se poursuit et s'achève dans la dynamique de l'annonce de la Bonne Nouvelle aux frères. 
 
De Lc 24 à Ac 8
Saint Luc a écrit un texte, bâti sur le même schéma, dans les Actes des Apôtres : il s’agit de la rencontre du disciple Philippe avec le haut fonctionnaire éthiopien. Même rencontre sur la route, même importance donnée au témoignage des Ecritures (avec la citation du chant du Serviteur souffrant d’Isaïe), même catéchèse, même conclusion : le sacrement (eucharistie en Lc 24 et baptême en Ac 8). La grande différence entre les deux textes : en Lc 24, c’est Jésus qui conduit les disciples à la foi dans le Ressuscité présent ; dans les Actes, c’est désormais le disciple, le croyant, l’Eglise qui a cette mission d’annoncer la Bonne Nouvelle du Salut et de conduire à la Vie nouvelle dans le Christ ressuscité.

 

Saint Jean-Paul II a médité ce récit et en a formulé une prière à partir de l'expression du désir des disciples d'Emmaüs :

Mane nobiscum, Domine! Reste avec nous, Seigneur! (cf. Lc 24, 29) par ces paroles les disciples d’Emmaüs invitèrent le mystérieux Voyageur à rester avec eux, alors que parvenait à son terme,  le premier jour après le sabbat au cours duquel l’incroyable était arrivé. Selon la promesse, le Christ était ressuscité; mais eux ne le savaient pas encore. Toutefois, au long de la route, les paroles du Voyageur avaient progressivement réchauffé leur cœur. C’est pourquoi ils l’avaient invité: «Reste avec nous». Puis, assis autour de la table du repas, ils l’avaient reconnu à la «fraction du pain». Et aussitôt il avait disparu. Devant eux restait le pain rompu, et dans leur cœur, la douceur de ses paroles.

 

Chers Frères et Sœurs, la Parole et le Pain de l’Eucharistie, mystère et don de la Pâque, demeurent au cours des siècles comme la mémoire éternelle de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ! Aujourd’hui, Pâque de Résurrection, nous aussi, avec tous les chrétiens du monde nous répétons: Jésus, crucifié et ressuscité, reste avec nous! Reste avec nous, ami fidèle et soutien assuré de l’humanité en marche sur les routes du temps! Toi, Parole vivante du Père, mets confiance et espérance dans le cœur de ceux qui cherchent le vrai sens de leur existence. Toi, Pain de vie éternelle, nourris l’homme affamé de vérité, de liberté, de justice et de paix.

 

Reste avec nous, Parole vivante du Père, et enseigne-nous des paroles et des gestes de paix: paix pour la terre consacrée par ton sang et baignée du sang de tant de victimes innocentes; paix pour les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique, là où tant de sang continue aussi à être versé; paix pour toute l’humanité, toujours menacée par le danger de guerres fratricides.

 

Reste avec nous, Pain de vie éternelle, rompu et distribué aux convives: donne-nous, à nous aussi, la force d’une solidarité généreuse envers les multitudes qui, aujourd’hui encore, souffrent et meurent de misère et de faim, qui sont décimées par des épidémies mortelles ou touchées par de terribles catastrophes naturelles.

 

Par la force de ta Résurrection que tous soient aussi rendus participants d’une vie nouvelle.

 

Nous aussi, hommes et femmes du troisième millénaire, nous avons besoin de Toi, Seigneur ressuscité! Reste avec nous maintenant et jusqu’à la fin des temps. Fais que le progrès matériel des peuples n’estompe jamais les valeurs spirituelles qui sont l’âme de leur civilisation. Soutiens-nous, nous t’en prions, sur notre chemin. En Toi nous croyons, en Toi nous espérons, parce que Toi seul tu as les paroles de la vie éternelle (cf. Jn 6, 68). Mane nobiscum, Domine! Alléluia !

 

Sainte lectio divina, dans la joie de la présence du Christ ressuscité

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

DIMANCHE 27 AVRIL 2014

 

"Ne deviens pas incrédule, deviens croyant" Thomas lui dit alors : "Mon Seigneur et mon Dieu!" Jésus lui dit : "parce que tu m'as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu" (Jn 20 – Evangile de la messe de ce dimanche)

 

En ce dimanche de la Miséricorde, la joie de Pâques continue à se déployer et nous invite à nous émerveiller de cet amour débordant et sans limite de la miséricorde du Père manifestée dans le don que Jésus a fait de sa vie par amour pour nous, pécheurs. C'est cette miséricorde, qui donne un sens nouveau à notre existence, dont nous avons à devenir témoins pour le monde. C'est cette Bonne Nouvelle que nous ne pouvons garder pour nous.

 

Début d'un nouveau parcours de lectio divina : la 1ère épître de saint Paul aux Thessaloniciens.

"Heureux ceux qui croient sans avoir vu". C'est le grand défi de la vie chrétienne dont témoigne saint Paul. Cette épître est le tout premier témoignage chrétien écrit. Il contient déjà les principales caractéristiques de la vie chrétienne. Les croyants vivent dans un monde ancien en hommes nouveaux. L'horizon de ce monde ancien est la mort. Celui du monde nouveau, qui illumine d'une clarté radicalement nouvelle toute la vie, est la venue glorieuse du Christ, victorieux du mal et de la mort. 

"Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde". La finale de l'Evangile selon saint Matthieu que nous venons de méditer fonde le sens de la vie chrétienne. Dès les premières lignes de la 1ère épître aux Thessaloniciens, se met en place un vocabulaire typiquement chrétien et sont donnés les éléments qui permettent aux croyants de vivre en présence du Ressuscité pour en être les témoins : la foi, l'espérance, la charité, la Parole de Dieu et sa fécondité, la charité fraternelle...


 

JEAN XXIII ET JEAN-PAUL II : leur apport au renouveau de la lectio divina.

En ce beau jour de la canonisation des Papes Jean XXIII et Jean-Paul II, il est bon de nous rappeler que c'est le Concile Vatican II, initié par Jean XXIII, qui avait jeté les bases d'un renouveau de la lectio divina. Quant à Jean-Paul II, il est le premier pape contemporain à l'avoir autant recommandée, comme par exemple dans sa lettre pour l'entrée dans le nouveau millénaire. Merci.

 

Rendons grâce pour ce don de la Prière de la Parole de Dieu qui est fait à notre temps.

 

Sainte lectio divina en ces saints jours de Pâques.

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

 

DIMANCHE 20 AVRIL 2014 – JOUR DE PÂQUES

 

"Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n'est pas ici, car il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez voir... puis vite allez dire à ses disciples : 'il est ressuscité d'entre les morts"

"Jésus vint à leur rencontre et leur dit : "Je vous salue" (cf. Mt 28,1-10)

 

Très saintes fêtes de Pâques !

En cette solennité la plus importante de l'année liturgique chrétienne, nous vous proposons un parcours particulier pour la semaine à venir. La fête de Pâques dure en effet 8 jours, se déployant dans ce que l'on appelle l'Octave de Pâques (sa lumière se prolongera ensuite dans le temps pascal). C'est donc avec le témoignage de saint Matthieu que nous vivons cette Octave, dans le chapitre 28 de son Evangile qui se termine – et c'est la fin de l'Evangile – par cette parole de Jésus :

"et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde" 

L'Evangile selon saint Matthieu insiste sur la mission chrétienne : c'est la signification de la Galilée, déjà qualifiée en Mt 4,15 de "Galilée des nations". C'est la mission confiée d'abord aux femmes vers les disciples (avec la précision : "vite"), et surtout des Apôtres vers toutes les nations.

 

A deux reprises, il est dit aux femmes (par l'ange, puis par Jésus ressuscité lui-même) : "soyez sans crainte". C'est l'invitation à passer du tombeau, symbole de la mort, au Christ vivant ressuscité. Voilà la source de notre joie, de la vraie joie chrétienne ; cette joie dont le Pape François nous rappelle l'importance :

la première parole que je voudrais vous dire : joie ! Ne soyez jamais des hommes et des femmes tristes : un chrétien ne peut jamais l’être ! Ne vous laissez jamais prendre par le découragement ! Notre joie n’est pas une joie qui naît du fait de posséder de nombreuses choses, mais elle naît du fait d’avoir rencontré une Personne : Jésus, qui est parmi nous ; elle naît du fait de savoir qu’avec lui nous ne sommes jamais seuls, même dans les moments difficiles, même quand le chemin de la vie se heurte à des problèmes et à des obstacles qui semblent insurmontables, et il y en a tant ! Suivons Jésus ! Nous accompagnons, nous suivons Jésus, mais surtout nous savons que lui nous accompagne et nous met sur ses épaules : ici se trouve notre joie, l’espérance que nous devons porter dans notre monde. Et s’il vous plaît ! ne vous laissez pas voler l’espérance ! Ne vous laissez pas voler l’espérance ! Celle que Jésus nous donne.

 

Sainte lectio divina en ce saint jour de Pâques. 

 

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

MARDI 15 AVRIL 2014

 

La Parole de Dieu me réveille chaque matin, chaque matin elle me réveille pour que j'écoute comme celui qui se laisse instruire. Le Seigneur Dieu m'a ouvert l'oreille" (Is 50 – Première lecture de la messe du Dimanche des Rameaux).

 

Nous vous proposons quelques extraits de l'homélie de Mgr Christophe DUFOUR, archevêque d'Aix et Arles, prononcée lors de la Messe Chrismale, à la Cathédrale St-Sauveur d'Aix-en-Provence : 

 

Frères et sœurs, en cette Semaine Sainte, nous allons bientôt être guéris de l’acédie. L’acédie est une tentation à laquelle sont exposés aujourd’hui les fidèles du Christ que nous sommes. Elle est une maladie ; elle est même un péché ; saint Jean Cassien, moine à Marseille au 5ème siècle, la mettait dans la liste des 7 péchés capitaux. Le pape François la dénonce dans son exhortation apostolique. « Non à l’acédie égoïste » écrit-il. Non à l’acédie pastorale. Non à l’acédie paralysante. L’acédie est une sorte de paresse. Paresse spirituelle, paresse pastorale, paresse de la foi, de l’espérance et de la charité, paresse qui touche toute la vie chrétienne. Nous allons en être guéris. Guéris par la croix du Christ.

Pour résister à la tentation de l’acédie, le pape François nous offre la boussole de la joie.

1- La joie de rencontrer le Christ dans la prière. Prière personnelle et quotidienne. Prière en famille. Prière dans nos groupes et nos communautés. Du temps donné à Dieu, chaque jour. Dans les meilleures heures de la journée, sans que cela nuise à notre devoir d’état. Ne dites pas « Je n’ai pas le temps ». Que de bavardages inutiles et d’activités futiles, ou de temps passé sur les réseaux sociaux ! Si ce temps est pris sur le temps de l’oraison, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas ! Je le dis particulièrement aux prêtres, mais je peux le dire aussi pour tout chrétien qui ne met pas la prière au cœur de chacune de ses journées. « La joie remplit le cœur et la vie de ceux qui rencontrent Jésus » (EG §1).

2- La joie de goûter et de faire goûter la Parole de Dieu : elle est la nourriture du disciple missionnaire. Elle apporte au chrétien la bonne santé de l’esprit, du cœur et du corps, elle lui procure la joie. Goûter la Parole de Dieu et la faire goûter. La semer à temps et à contre temps. Je rêve de grandes semailles de la Parole. Ces semailles doivent être la priorité des priorités de notre action pastorale et missionnaire.

3- La joie de se rassembler au nom du Christ Jésus. Se rassembler le dimanche, jour du Seigneur, jour de joie et jour de fête. Oui, faire du dimanche un jour de joie et de fête pour tous. Pour les familles, pour les personnes seules, pour les malades, pour les personnes dans l’épreuve. La Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres. Pas de renouveau de notre Eglise sans un renouveau du dimanche. Je fais le vœu que les chrétiens inscrivent dans la société ce renouveau de la joie dominicale pour tous, un jour de vrai repos dans l’amour fraternel, un jour de fête de la famille de Dieu, ouvert à tous.

cf. l'intégralité de l'homélie.

 

Sainte lectio divina en cette Semaine Sainte

Christophe de DREUILLE

@lectiodivina13

LUNDI 14 AVRIL 2014

 

Pour accompagner la méditation du Récit de la Passion du Christ, en Mt 26-27, durant cette Semaine Sainte, nous vous proposons deux textes complémentaires :

 

– Saint Grégoire de Nazianze (Homélie pour la Pâque) : 

Si tu es Simon de Cyrène, prends la croix et suis-le.
 
Si tu es crucifié avec lui, comme le malfaiteur, reconnais, comme cet homme juste, qu'il est Dieu. Si lui-même a été compté parmi les pécheurs à cause de toi et de ton péché, toi, deviens un homme juste à cause de lui. En te crucifiant, adore celui qui a été crucifié à cause de toi, et tire quelque profit de ta méchanceté même ; achète le salut au prix de la mort ; entre au Paradis avec Jésus, pour comprendre de quels biens tu étais exclu. Contemple les merveilles qui sont là, et laisse mourir au-dehors, avec ses blasphèmes, celui qui l'injuriait.
     
Si tu es Joseph d'Arimathie, réclame le corps à celui qui l'a fait mettre en croix ; que ton souci soit le rachat du monde.
 
Si tu es Nicodème, cet adorateur nocturne de Dieu, mets-le au tombeau avec les parfums.
 
Si tu es une des saintes femmes, l'une ou l'autre Marie, si tu es Salomé ou Jeanne, va le pleurer de grand matin. Sois la première à voir la pierre enlevée, à voir peut-être les anges, et Jésus lui-même.
 

 

– Pape François (Homélie de ce dimanche des Rameaux) : 

Cette semaine commence par la procession festive avec les rameaux d'olivier : tout le peuple accueille Jésus. Les enfants, les jeunes chantent, louent Jésus.
 
Mais cette semaine se poursuit dans le mystère de la mort de Jésus et de sa résurrection. Nous avons écouté la Passion du Seigneur. Cela nous fera du bien de nous poser une seule question : qui suis-je ? Qui suis-je, devant mon Seigneur ? Qui suis-je, en face de Jésus qui entre dans la fête à Jérusalem ? Suis-je capable d'exprimer ma joie, de le louer ? Ou est-ce que je prends de la distance ? Qui suis-je, devant Jésus qui souffre?
 
Nous avons entendu tant de noms, tant de noms. Le groupe des dirigeants, certains prêtres, certains pharisiens, certains docteurs de la loi, qui avaient décidé de le tuer. Ils attendaient l'occasion de l'arrêter. Suis-je comme l'un d'eux ?
 
Nous avons entendu aussi un autre nom : Judas. 30 pièces d'argent. Suis-je comme Judas ? Nous avons entendu d'autres noms : les disciples qui ne comprenaient rien, qui s'endormaient pendant que le Seigneur souffrait. Ma vie est-elle endormie ? Ou suis-je comme les disciples, qui ne comprenaient pas ce qu'était que de livrer Jésus ? Comme cet autre disciple qui voulait tout résoudre par l'épée : suis-je comme eux ? Suis-je comme Judas, qui fait semblant d'aimer et embrasse le Maître pour le livrer, pour le trahir ? Suis-je un traître ? Suis-je comme ces dirigeants qui dressent un procès hâtif et cherchent de faux témoins : suis-je comme eux ? Et quand je fais ces choses, si je le fais, est-ce que je crois qu'ainsi je sauve le peuple ?
 
Suis-je comme Pilate ? Quand je vois que la situation est difficile, est-ce que je me lave les mains, ne sais pas assumer ma responsabilité et laisse condamner – ou bien je condamne moi-même – les personnes ?
 
Suis-je comme cette foule qui ne savait pas bien si elle était dans une réunion religieuse, dans un procès ou dans un cirque, et qui choisit Barabbas ? Pour eux c'est la même chose : il était plus amusant d'humilier Jésus.
 
Suis-je comme les soldats qui frappent le Seigneur, lui crachent dessus, l'insultent, s'amusent avec l'humiliation du Seigneur ?
 
Suis-je comme le Cyrénéen qui rentrait du travail, fatigué, mais qui a eu la bonne volonté d'aider le Seigneur à porter la croix ?
 
Suis-je comme ceux qui passaient devant la Croix, et qui se moquaient de Jésus : "Il était si courageux ! Descends de la croix, pour que nous croyions en Lui!". Se moquer de Jésus…
 
Suis-je comme ces femmes courageuses, et comme la Maman de Jésus, qui étaient là, et souffraient en silence ?
 
Suis-je comme Joseph, le disciple caché, qui porte le corps de Jésus avec amour, pour lui donner une sépulture ?
 
Suis-je comme les deux Marie qui restent devant le Sépulcre en pleurant, en priant ?
 
Suis-je comme ces chefs qui le jour suivant sont allés dire à Pilate : "Attention il a dit qu'il ressusciterait. Qu'il n'y ait pas d'autre mensonge !", et qui bloquent la vie, bloquent le sépulcre pour défendre la doctrine, pour que la vie ne sorte pas ?
 
Où est mon cœur ? A laquelle de ces personnes est-ce que je ressemble ? Que cette question nous accompagne durant toute la semaine.
(traduction : Zenit)
 
Sainte lectio divina, en cette Grande Semaine de la Célébration de notre Salut
 
Christophe de DREUILLE
@lectiodivina13